Exposition
"La Bergerie" en prêt à l'exposition "Réalisme animal"
Date de publication de la page et auteur de publication
Créé le:
La Bergerie de Charles Jacque a quitté temporairement les salles du musée des peintres de Barbizon pour rejoindre le musée Courbet, à Ornans, à l’occasion de l’exposition « Réalisme animal », présentée du 27 juin au 8 novembre 2026.
Réunissant plus de 70 œuvres, l’exposition explore la place nouvelle accordée à l’animal dans l’art et dans la société française au XIXe siècle. Des artistes tels que Rosa Bonheur, Gustave Courbet, Emmanuel Frémiet ou François Pompon y côtoient des œuvres consacrées aux animaux domestiques et sauvages. L’exposition interroge notamment l’évolution du regard porté sur l’animal, entre observation naturaliste, monde rural, sensibilité à la condition animale et nouvelles relations entre l’homme et l’animal.
À découvrir jusqu’au 8 novembre 2026 au musée Courbet, à Ornans.
L'artiste Charles Jacque (1813-1894) commence sa carrière comme graveur dans les années 1830. Il se fait rapidement remarquer pour ses eaux-fortes, et dès 1845, Baudelaire salue ainsi la liberté et la franchise de son travail d'aquafortiste.
Le tournant politique et artistique de 1848 ouvre une période plus favorable aux artistes et à la représentation du monde rural. Jacque expose alors ses premières peintures au Salon, tout en poursuivant la gravure. À Barbizon, où il s'installe en 1849 avec Jean-François Millet, il développe une œuvre profondément marquée par l’observation des animaux de ferme.
Parallèlement à son activité de peintre et graveur, Charles Jacque pratique l'ébénisterie, s'intéresse à l'élevage des poules et à la culture des asperges.
Dans son œuvre gravé, la bergerie devient bientôt un motif de prédilection. En 1859, Jacque réalise une vaste eau-forte intitulée La Bergerie, qui connaît un important succès et contribue à sa notoriété. Cette grande planche, la plus ambitieuse qu’il ait alors gravée, représente déjà la scène qui deviendra emblématique de son travail : dans l’obscurité d'une vaste pièce, un berger apporte de la litière aux moutons, tandis que quelques volailles occupent le premier plan. La lumière entrant par les fenêtres révèle progressivement les animaux et leurs attitudes.
Le succès de cette image encourage Jacque à en reprendre le sujet en peinture. Il en propose différentes variantes au cours des décennies suivantes, exploitant ainsi un motif devenu l’une des signatures de son œuvre animalière. Le tableau aujourd’hui prêté par le musée des peintres de Barbizon s’inscrit dans cette histoire : il témoigne du passage de l’estampe à la peinture et de la manière dont Jacque décline, transforme et approfondit un sujet qui a contribué à sa renommée.