Exposition

"La Bergerie" en prêt à l'exposition "Réalisme animal"

Charles Jacque, La Bergerie, 1874 © Département de Seine-et-Marne, Musée des Peintres de Barbizon
Le musée des peintres de Barbizon prête le tableau « Intérieur de Bergerie » de Charles Jacque au musée Courbet à Ornans, pour l’exposition « Réalisme animal ». À cette occasion, découvrez la vie et l’œuvre de cet artiste majeur de ce qu'on a appelé "l’École" de Barbizon.

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Un touche-à-tout talentueux

L'artiste Charles Jacque (1813-1894) commence sa carrière comme graveur dans les années 1830. Il se fait rapidement remarquer pour ses eaux-fortes, et dès 1845, Baudelaire salue ainsi la liberté et la franchise de son travail d'aquafortiste.

Le tournant politique et artistique de 1848 ouvre une période plus favorable aux artistes et à la représentation du monde rural. Jacque expose alors ses premières peintures au Salon, tout en poursuivant la gravure. À Barbizon, où il s'installe en 1849 avec Jean-François Millet, il développe une œuvre profondément marquée par l’observation des animaux de ferme.

Parallèlement à son activité de peintre et graveur, Charles Jacque pratique l'ébénisterie, s'intéresse à l'élevage des poules et à la culture des asperges.

A l'origine du tableau, une gravure

Dans son œuvre gravé, la bergerie devient bientôt un motif de prédilection. En 1859, Jacque réalise une vaste eau-forte intitulée La Bergerie, qui connaît un important succès et contribue à sa notoriété.

Cette grande planche, la plus ambitieuse qu’il ait alors gravée, représente déjà la scène qui deviendra emblématique de son travail : dans l’obscurité d'une vaste pièce, un berger, le visage dissimulé sous son chapeau et laissé dans l'anonymat, dispose du foin dans le râtelier. La lumière entrant par les fenêtres dans de grands rayons révèle progressivement les animaux et leurs attitudes et accentue le clair-obscur de la scène. Les moutons sont représentés dans les positions les plus variées et témoignent de la fine observation de l'artiste.

Vers une exploitation picturale et commerciale

Le succès de cette image encourage Jacque à en reprendre le sujet en peinture. Il en propose différentes variantes au cours des décennies suivantes, exploitant ainsi un motif devenu l’une des signatures de son œuvre animalière. Le tableau aujourd’hui prêté par le musée des peintres de Barbizon s’inscrit dans cette histoire : il témoigne du passage de l’estampe à la peinture et de la manière dont Jacque décline, transforme et approfondit un sujet qui a contribué à sa renommée.

La Bergerie en voyage chez Courbet

La Bergerie de Charles Jacque a quitté temporairement les salles du musée des peintres de Barbizon pour rejoindre le musée Courbet, à Ornans, à l’occasion de l’exposition « Réalisme animal », présentée du 27 juin au 8 novembre 2026.

Réunissant plus de 70 œuvres, l’exposition explore la place nouvelle accordée à l’animal dans l’art et dans la société française au XIXe siècle. Des artistes tels que Rosa Bonheur, Gustave Courbet, Emmanuel Frémiet ou François Pompon y côtoient des œuvres consacrées aux animaux domestiques et sauvages. L’exposition interroge notamment l’évolution du regard porté sur l’animal, entre observation naturaliste, monde rural, sensibilité à la condition animale et nouvelles relations entre l’homme et l’animal.

À découvrir jusqu’au 8 novembre 2026 au musée Courbet, à Ornans.